• Succès de la mobilisation pour le climat le 26 septembre à Rosières

    Succès de la mobilisation pour le climat le 26 septembre à RosièresLa journée de mobilisation sur le climat organisée à Rosières par le collectif "Oui à la transition" à l'occasion de la journée de la transition a été un succès. Près d'un millier de personnes y ont participé. Outre la présence de nombreux stands de collectifs, d'associations avec des démonstrations d'alternatives concrètes, plusieurs débats ont été organisés. Le Grand débat était introduit par notre camarade Richard Neuville. Nous publions ci-dessous le texte de son intervention.

    D'autres initiatives auront lieu en Ardèche méridionale : le 22 octobre à Aubenas, débat organisé par Ensemble ! Ardèche méridionale avec Vincent Gay, doctorant, militant engagé dans la Coalition Climat 21; le 29 novembre à Jaujac, à l'initiative du collectif 07 Stop aux gaz et huiles de schiste; un départ collectif pour la manifestation du 12 décembre à Paris (à la fin de la conférence climatique au Bourget.

    (Photos Olivier Sébart)

    Succès de la mobilisation pour le climat le 26 septembre à RosièresJournée nationale de la transition citoyenne

    Le 26 septembre 2015 à Rosières

    Introduction débat – Richard Neuville 

    « Changeons le système, pas le climat ! »

     

    Dans les 10 minutes imparties, je vais survoler le sujet et ce sera avec une subjectivité assumée… J’évoquerai brièvement le contexte, quelques enjeux, la Coalition Climat et le cycle de mobilisations. 

    1. Éléments du Contexte

    Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France accueille, au Bourget, la 21e Conférence sur le changement climatique, dite COP21. Pour paraître un peu sérieux, le Premier ministre a attribué le label « Grande cause nationale 2015 » en avril dernier. Est-ce à dire que des décisions déterminantes seront prises par ce gouvernement ? Rien n’est moins sûr ! La loi sur la transition écologique adoptée en juillet 2015, si elle comporte quelques avancées, est cependant restée en-deçà des enjeux. 

    Le président de la République multiplie les déplacements à l’étranger, de même que Nicolas Hulot, son chargé de mission Climat, dont la marge de négociation est bien faible et qui sert surtout de faire-valoir. Car les pré-négociations qui se multiplient le sont en réalité sous l’égide de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. Le même cumulant déjà la charge du Commerce extérieur (ventes de rafales, etc.) avec le succès que l’on connait. 

    Le capitalisme est dominé par des groupes supranationaux qui dictent leur loi aux États et aux institutions internationales. Ces oligopoles et des grandes entreprises françaises financent même cette conférence internationale (Par exemple, les assureurs Axa, Generali ; les banques BNP Paribas, Crédit agricole ; des groupes de l’énergie : EDF, Suez Environnement, Engie (ex-GDF Suez). Pour accentuer leurs profits, il y a donc urgence pour que rien ne change et que le modèle de domination des multinationales et des pays du nord sur ceux du Sud perdure. Or, ce sont les pays pauvres qui seront les plus affectés : Bengladesh, le Sahel, les Iles du Pacifique, etc. par le réchauffement.

    Dans ce contexte, tous les observateurs un peu sérieux l’affirment, il ne sortira pas grand-chose de cette COP21 car il n’y a pas volonté des puissants. Quant aux mouvements sociaux, écologiques, citoyens, ils ont été vaccinés avec la douche froide de Copenhague en 2009.

    2. Quelques enjeux

    Je n’évoquerai pas ici les aspects scientifiques (rapports du GIEC, etc.) mais j’insisterai uniquement sur le caractère d’urgence. Non pas pour effrayer mais parce que le réalisme politique impliquerait un changement radical de paradigme. L’heure n’est pas à la résignation. Bien au contraire, tout est possible, mais il faut agir vite !

    Pour reprendre le titre de la conclusion de l’ouvrage Naomi Klein Tout peu changer – capitalisme et changement climatique, nous en sommes à « L’heure de vérité – Juste assez de temps pour réaliser l’impossible »[1].

    Cela suppose effectivement des ruptures rapides : Contester le « fondamentalisme marchand », recouvrer une gestion publique et citoyenne de l’énergie, en finir avec les projets extractivistes, protéger les droits des peuples autochtones, instaurer une justice sociale et climatique, etc.

    Cela implique une accumulation de forces qui passe par le développement de luttes de résistance. Celles-ci ont déjà commencé. La croissance économique effrénée est contestée ; de nombreux projets extractivistes sont contestés à travers le monde ; des populations se réapproprient la production et la distribution d’énergie (des centaines de ville en Allemagne) ; des coalitions de peuples autochtones contestent l’exploitation de leurs terres, etc.

    Depuis 2010, des mobilisations citoyennes ont éclaté dans de nombreux pays : révolutions arabes, mouvement des indignés ; de l’Islande au Brésil en passant par la Turquie, des citoyen-ne-s ont contesté des projets ou des politiques globales ; des mouvements étudiants ont remis en cause les politiques éducatives au Québec, au Chili, au Mexique, etc. Pour Manuel Castells[2], ces mouvements posent la question de la légitimité politique qui touche la quasi-totalité de la planète.

    Historiquement, comme le rappelle Naomi Klein, ce sont bien souvent les mouvements sociaux de masse qui ont changé le cours de l’histoire : les luttes pour les droits civiques aux Etats-Unis, pour les droits des femmes, les droits des homosexuels, le mouvement anti-apartheid, le mouvement syndical, etc.

    Il est possible et de plus en plus nécessaire d’agir partout, partout où l’on vit, où l’on travaille. Pour reprendre un des slogans de la coalition Climat : "Si on ne fait rien, personne ne le fera à notre place"

    3. La coalition Climat 21

    Une coalition française a été créée le 19 septembre 2014. Elle regroupe plus de 130 d’organisations et de mouvements : syndicats, ONGs environnementalistes et de solidarité internationale, mouvements sociaux, féministes, groupes de foi ou de jeunesse (dont le collectif Oui à la Transition et les collectifs Stop au Gaz de schiste).

    Cette coalition est très hétérogène. Le seul dénominateur commun de ces organisations est que « la crise climatique nous concerne toutes et tous ». Elle affecte déjà les plus démunis et menace notre environnement, nos vies et les saisons qui les rythment.

    L’objectif : contribuer à un rapport de force favorable à une action climatique ambitieuse et juste, et à la transformation durable des politiques publiques. 

    Mais la mobilisation ne peut se réduire au cadre national, la coalition française a organisé un réseau international qui sera présent à Paris en décembre :

    Et une multitude d’organisations nationales, qui rappelons-le sont très hétérogènes mais unies pour lutter contre le changement climatique.

    La préparation de cette mobilisation a notamment été préparée lors d’une réunion à Créteil en février dernier et lors du dernier Forum social mondial de Tunis en mars 2015.

    A laquelle il convient d’ajouter des groupes locaux ou Alternatiba locaux qui vont prendre des initiatives sur leurs territoires.

    4. La mobilisation

    Elle est locale, nationale et internationale. C’est à tous les niveaux qu’il importe d’agir.

    La 2e Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique se tiendra à Cochabamba (Bolivie), du 10 au 12 octobre 2015. Pour rappel, la précédente avait eu lieu en avril 2010 dans cette même ville après l'échec de Copenhague. 

    Les étapes : 

    * 28-29 novembre : Marche pour le Climat,

    * 5-6 décembre : Village Mondial des Alternatives à Montreuil

     * 7-11 décembre : Zone d’Action Climat (ZAC) au CENTQUATRE-PARIS (Nord de Paris)

     * 12 décembre : Action de masse à Paris, Ayons le dernier mot !

     * Les 26 et 27 septembre, à Paris, dans nos régions et dans le reste du monde, mobilisons-nous pour soutenir et mettre en valeur les initiatives citoyennes permettant de lutter contre le changement climatique et d’impulser une transition énergétique.  

    * Les 28 et 29 novembre, retrouvons-nous dans les rues de Paris et dans les villes du monde entier afin de faire entendre nos voix pour une action ambitieuse face au changement climatique. En ce week-end précédant le début des négociations, prenons de l’avance sur les représentant-e-s politiques et affirmons haut et fort nos revendications, de l’alimentation aux emplois, de l’énergie à l’éradication de la pauvreté.

    * Pendant les deux semaines de la COP, les actions se multiplieront, particulièrement à Paris.

    *  A partir du 5 décembre, un grand espace de convergence, de débats et de mobilisation sera ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent prendre part aux actions citoyennes et contribuer aux alternatives au changement climatique. 

    * Le 12 décembre, venez à Paris et rejoignez la mobilisation de masse pour marquer un temps fort après deux semaines rythmées par la montée en puissance des diverses actions. Unissons-nous pour montrer la force de notre mouvement et envoyer un signal clair en faveur d’un avenir meilleur, plus respectueux de l’environnement, et plus juste pour tous et toutes.

    http://coalitionclimat21.org/fr

    Je précise qu’il y aura également des initiatives de formations politiques qui se retrouvent dans l’écologie radicale : Alternative Libertaire, NPA, Ensemble ! PG, gauche d’EELV, les décroissants, etc.

    En conclusion, je voudrais rappeler le rôle indéniable des politiques publiques locales, qui peuvent influer sur le mode et la qualité de vie, le mode de consommation, la lutte contre la précarité énergétique, autant de facteurs pour la justice sociale et le Bien vivre des populations. Les citoyen-ne-s doivent pour cela se mobiliser dans la durée pour peser à la fois sur ces décisions et contribuer à des alternatives concrètes.

    Il y a urgence à prendre des mesures radicales face à l’ampleur croissante des dégâts engendrés par la crise climatique. D’ores et déjà, ici et là, des « sentiers de l’utopie » se dessinent qui peuvent contribuer à construire des chemins de l’émancipation et des germes de pouvoir populaire pour une transition écologique et énergétique[3]. Ces expériences s’inscrivent en rupture avec la logique productiviste, le modèle de développement capitaliste et le primat des intérêts privés. Mais une rupture totale impliquera assurément un affrontement à grande échelle avec la classe dominante.

     


    [1] Naomi Klein, Tout peu changer – capitalisme et changement climatique, Arles, Actes Sud, Mars 2015, 630p.

    [2] Manuel Castells, Redes de Indignación y Esperanza, (Les réseaux de l’indignation et de l’espoir), Alianza, Madrid, 2012.

    [3] Isabelle Frémeaux, John Jordan, Les sentiers de l’utopie, Paris, La découverte Poche / Essais, 2012.

     

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